
Il est 17h32.
Tu viens d'arriver à la maison après une grosse journée au travail. Tu es fatigué, et juste de penser à la soirée qui t'attend, ta motivation drop d'un coup.
Pis là, Ti-loup, 4 ans, refuse d'enlever ses bottes.
Tu respires un grand coup et tu t'accroupis à sa hauteur. Tu rassembles tout ce qui te reste de patience (ça veut dire pas beaucoup) et t’essaies de lui expliquer calmement :
— « Je vois que tu es fâché, je vais t'aider à enlever tes bottes... »
Mais Ti-loup, lui, ça ne lui tente pas pantoute que tu l’aides.
Il se penche, enlève sa botte… et te la lance par la tête en criant :
— « Noooon, je suis capable tout seul ! »
Je sais ce que tu te dis en ce moment.
Deux options :
1. Tu compatis parce que tu vis ce genre de scène beaucoup trop souvent.
2. Ou tu te dis : « Eille, moi, il me ferait ça juste une fois ! »
Et c’est précisément là que la question se pose :
→ « Je fais quoi ? Je reste calme et je l'accompagne… ou je mets mon pied à terre ?
Si je valide son émotion, est-ce que je tombe dans la permissivité ?
Si je met mes limites, est-ce que je perds ma bienveillance ? »
Ce questionnement-là, c’est exactement ce qui amène à mélanger deux choses complètement différentes :
la discipline positive… et la permissivité.
Parce qu'entre les deux, il y a un monde.
Un monde où les parents veulent bien faire,
où ils veulent être respectueux,
où ils ne veulent pas répéter les méthodes qu’ils ont vécues…
…mais où ils ne veulent pas non plus se faire lancer des bottes par la tête tous les soirs.
La discipline positive, c'est quoi ?
Le discipline positive n'est pas une éducation permissive, et ce n'est surtout pas de laisser votre enfant faire ce qu'il veut.
C'est le juste équilibre entre le laxisme et le contrôle.
C’est une approche respectueuse, éducative et ferme, orientée vers des solutions à long terme et basé sur la relation et la compréhension des besoins de l’enfant.
La discipline positive, c’est :
La connexion avant la redirection
Valider les émotion, pas les comportements
Poser des limites claires et cohérentes
Offrir des choix encadrés
Responsabiliser l’enfant plutôt que le punir
Favoriser l’apprentissage à long terme, pas l’obéissance immédiate

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La permissivité, c’est l’autre extrême.
C’est quand les limites deviennent floues, incohérentes… ou disparaissent complètement.
La permissivité, c’est :
Dire oui pour éviter les crises
Laisser passer des comportements irrespectueux
Négocier sans arrêt
Retirer la limite quand l’enfant s’énerve
Éviter de déplaire
Protéger l’enfant du moindre inconfort
Pourquoi la permissivité ne fonctionne pas ?
Parce qu'un enfant sans limites claires, c'est un enfant anxieux.
Les limites, c'est pas juste pour les parents. C'est pour l'enfant aussi. Ça lui donne un cadre sécurisant où il peut explorer, tester, grandir… sans se perdre.
Quand tout est négociable, quand les règles changent selon l'humeur ou le niveau de fatigue du parent, l'enfant ne sait plus sur quel pied danser. Il va pousser encore plus loin pour trouver où est le mur.
Et à long terme ? Un enfant élevé dans la permissivité risque de développer :
De la difficulté à gérer la frustration
Moins de tolérance aux « non »
De la difficulté à respecter l'autorité (pas juste la tienne — celle des profs, des entraîneurs, de la vie)
Un sentiment que tout lui est dû
Ce n'est pas ce que tu veux pour ton enfant. Et c'est certainement pas ce qui va l'aider à devenir un adulte épanoui.

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Revenons à Ti-loup et sa botte lancée par la tête.
Réaction permissive :
Tu ramasses la botte en soupirant. Tu te dis : « Bon, il est fatigué, c'est pas grave. » Tu enlèves toi-même ses bottes pendant qu'il court au salon. Tu ne dis rien. Demain soir, rebelote.
Réaction punitive/autoritaire :
« Hey ! On ne lance pas ! Va dans ta chambre, tout de suite ! Pis tu y resteras jusqu'à ce que tu t'excuses ! »
Ti-loup pleure, tu es fâché, personne n'a appris quoi que ce soit… sauf que Papa ou Maman crie quand ils sont frustrés.
Réaction de discipline positive :
Tu restes calme (ou tu fais semblant, c'est correct aussi). Tu t'accroupis à sa hauteur et tu dis, d'un ton ferme mais doux :
« Ti-loup, je vois que tu es fâché. C'est correct d'être fâché. Mais lancer des objets, ce n'est pas acceptable. Ça fait mal et c'est irrespectueux. »
Puis tu poses une limite claire :
« Les bottes restent par terre. Si tu as besoin de décharger ta colère, tu peux taper des pieds ou serrer fort ton toutou. Mais lancer, non. »
Et tu offres un choix encadré :
« Maintenant, tu peux les enlever toi-même ou je t'aide. C'est toi qui choisis. »
S'il refuse encore ? Tu restes calme et constant :
« OK, je vois que c'est difficile en ce moment. Je vais t'aider. »
Et tu le fais. Sans crier. Sans négocier. Avec empathie… mais fermeté.
Le message ? Tes émotions sont valides. Ton comportement ne l'est pas.
Écoute, personne n'est parfait.
Il va y avoir des soirs où tu vas crier.
Des matins où tu vas céder juste pour avoir la paix.
Des moments où tu vas te demander si tu fais ça correctement.
Et c'est correct.
La discipline positive, ce n'est pas une formule magique. Ce n'est pas un mode d'emploi parfait qui règle tout du premier coup.
C'est une intention. Un effort. Un chemin que tu choisis, même quand c'est difficile.
Parce que chercher cet équilibre entre bienveillance et fermeté…
Parce que te questionner sur ta façon d'éduquer…
Parce que tu veux faire mieux, même après une grosse journée…
Ça, en soi, ça fait déjà de toi un bon parent.
Alors respire.
Tu fais de ton mieux.
Et c'est amplement suffisant. ❤️

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